En plein cœur du Quartier Latin, Soliko vient d’acquérir deux immeubles d’une surface totale d’environ 885 m2. Déjà occupés en partie par un centre d’hébergement d’urgence de 18 places, ces immeubles accueilleront bientôt une pension de famille de 24 places. Ce projet permettra à des personnes fragiles, ayant connu des expériences d’exclusion très fortes, de trouver un chez-soi sur le long terme. Ce projet est le premier à être réalisé conjointement par Caritas Habitat et Soliko dans le cadre de leur rapprochement.
Un immeuble situé dans un quartier à fort intérêt patrimonial
La rue Lhomond traverse le quartier Latin. Elle démarre sur la place de l’Estrapade, haut-lieu de la contestation sociale de mai 68. C'est aussi là que vit Emily, l'héroïne de la série Emily in Paris.
Située sur les pentes de la Montagne-Sainte-Geneviève, la rue Lhomond accueille depuis le XVIIe siècle les communautés religieuses qui y développent des actions caritatives, notamment en direction de femmes en grande difficulté.
C’est ainsi qu’en 1860, dans cette rue, le père François Delaplace fonde avec Jeanne-Marie Moisan une œuvre au service des enfants pauvres, la congrégation des sœurs servantes du Saint-Coeur de Marie. La communauté consacrée à l’éducation et au soin des malades devient propriétaire de deux immeubles aux numéros 41 et 43 de la rue Lhomond.
Conséquence de la sécularisation de la société, la communauté, qui s’était développée jusqu’aux Etats-Unis et au Canada, voit ses effectifs diminuer petit à petit. La question de trouver une autre utilisation de ces deux immeubles se pose alors. Elle confie d’abord l’un des deux à l’association Cités Caritas qui est spécialisée dans l’insertion par le logement et l’hébergement. L’association y opère un centre d’hébergement d’urgence qui accompagne des hommes ayant vécu dans la rue.
Le projet de vendre le deuxième immeuble arrive ensuite. En l'achetant, Soliko, qui porte avec Caritas Habitat un projet de pension de famille de 24 places, permet à ces immeubles de rester un lieu d’accueil pour des personnes fragilisées. L’histoire sociale de la rue Lhomond se prolonge ainsi.

Un quartier où le logement social reste rare
Le 5e arrondissement est l’un des plus favorisés de la capitale. C’est aussi celui, avec le 6e arrondissement voisin où la mixité sociale est la plus faible. On y compte plus de trois cadres pour un employé ou un ouvrier. Le quartier du Val-de-Grâce, où se situe la rue Lhomond, concentre les revenus les plus élevés de l’arrondissement. Les prix de l’immobilier sont en moyenne de 12 000 € le m² en moyenne et dépassent les 16 000 € pour les biens les plus recherchés.
Le logement social représente à peine 8 % des logements du quartier. Le parc existant est saturé : presque aucun logement n’y est vacant. Et si le quartier est aisé, la précarité y est bien présente malgré tout. Par ailleurs, à l’échelle de la ville, 292 000 ménages attendent un logement social, dont près des deux tiers ont des revenus correspondant au logement très social.
C’est dans ce contexte social que Caritas Habitat imagine créer, dans cet ensemble immobilier, une pension de famille, une forme d’habitat qui propose des logements sociaux à très bas loyer et un accompagnement social très présent pour favoriser au maximum l’insertion des personnes logées. Dans ces immeubles, Caritas Habitat va créer à l’horizon 2030, 24 logements individuels et des espaces communs permettant d’organiser des temps collectifs, primordiaux dans le parcours de réinsertion. Un hôte, travailleur social, sera présent au quotidien sur le site.

Une opportunité à ne pas laisser passer
Parce que la création d'une pension de famille à cet endroit articule un fort enjeu social et un intérêt patrimonial, il ne fallait pas laisser passer l’occasion.
Pourtant, le projet a failli ne pas voir le jour. Dans un premier temps, la négociation n'a pas abouti avec la congrégation de soeurs, Caritas Habitat n’ayant pas pu proposer un prix d’achat correspondant au besoin de la communauté. En effet, plus le prix d'acquisition du foncier est élevé, plus le bouclage du plan de financement en logement très social avec des loyers plafonnés à 7€ par m2 est difficile. Dans ce quartier situé dans un des arrondissements les plus chers de Paris, la proposition de prix d’achat était bien en deçà du prix du marché ce qui n'a pas convaincu les religieuses. Celles-ci ayant besoin de financer d’autres projets, se tournent finalement vers un marchand de biens qui revendra les immeubles à la découpe après leur rénovation.
Cependant, rien n'est perdu, car dans le même temps, Caritas Habitat a engagé un rapprochement avec Soliko. Le montage de ce projet à deux permet de trouver un meilleur équilibre financier. Caritas Habitat se tourne alors vers la Ville de Paris, qui exerce son droit de préemption par l’intermédiaire de l’Établissement public foncier d’Île-de-France (EPFIF), considérant que le projet de préserver du logement social dans ce quartier relève de l’intérêt général.
Soliko rachète le bien à l’EPFIF mi-2026, pour 4 062 800 €. Cités Caritas conservera son bail jusqu’en 2030 pour poursuivre l’accueil d’urgence, tandis que l’immeuble jusqu’ici occupé par les sœurs permettra de créer de nouvelles places d’hébergement. À partir de 2030, Soliko restera propriétaire de l’ensemble et signera avec Caritas Habitat un bail à réhabilitation de 40 ans. Caritas Habitat conduira les travaux de réhabilitation de la pension de famille avec un budget d’environ 3,5M€. La gestion du lieu sera ensuite confiée à Cités Caritas ou un autre partenaire.
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